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CONTRIBUTION – Chef d’Etat et Chef de Parti : y’a-t-il réellement Contradiction ?

Lors de son émission du grand jury du Dimanche 15 Décembre 2019, Mamadou Ibra Kane a encore remis sur la table le débat du cumul du poste de chef d’état et celui du chef de parti.
Je suis d’accord avec Mme la ministre Zahra Iyane Thiam qu’il n’y’a aucun problème à cela. Je pense que la fonction de chef parti et celle de chef d’Etat ne sont pas antagoniques contrairement à la suggestion de la conclusion des assises ou comme l’insinue la question de Mamadou Ibra Kane.

Cependant, les deux positions ont au moins un point en commun.
Dans un parti démocratique c’est la majorité qui confère la légitimité de position de leader. A la naissance du parti, c’est un cercle très restreint qui confère ce droit mais une majorité quand même.
A l’âge de la maturité du parti, les aspirants au rôle de chef de parti vont d’abord vers des primaires pour choisir leur leader ; ensuite ils vont vers le congrès pour la consécration. La première étape est souvent omise chez nous. L’heureux élu devient alors de droit le candidat du parti. Il en est ainsi dans la plupart des grandes démocraties.
Dans un système républicain, les prétendants au poste de la magistrature suprême vont vers des élections. Celui qui récolte le plus de voix devient le président de la République.

On le voit clairement, la position du chef de parti et celle du chef d’Etat obéissent à la même loi : celle de la majorité. Que l’on retrouve les deux casquettes sur une même tête ne devrait point étonner.
Par ailleurs, dans certaines démocraties, comme l’Afrique du Sud, on ne vote pas pour des candidats (à la Présidence) mais pour des partis politiques. C’est le voting system party-centric.
Dès lors qu’il en est ainsi, il me semble injuste vis-à-vis des militants et des électeurs de demander à l’heureux élu de renoncer à sa position de chef de parti.

Aussi, appliquer une telle règle pourrait conduire à l’implosion du parti au pouvoir. Il semblerait que c’est parfois le but non avoué de ceux qui décèlent un antagonisme entre les deux fonctions.
Bien sûr, dans les laborieuses recherches de justification de leurs intentions inavouées, certains seraient tentés de faire du « copier-coller ». Ils diront par exemple qu’en France, dès lors que quelqu’un accède à la magistrature suprême, il cesse d’être le chef du parti qui l’a porté au pouvoir comme ce fut le cas avec François Mitterrand. Cependant, tel n’est pas toujours le cas.

C’est cette acceptation de fait de la position de chef de parti qui explique pourquoi les militants des partis au pouvoir ne vont pas(en général) vers des primaires quand le président en exercice sollicite un second mandat.
Dans son questionnement, Mamadou Ibra Kane a également abordé «la difficulté de savoir à qui on s’adresse: Est-ce au Président de la République ou au Président du parti ». Cette préoccupation parait à priori légitime au vu des récentes sorties de certains militants de l’APR. Cependant, la « difficulté » n’est que superficielle. Aucun chef d’état n’est épargné aux problèmes internes de son parti ou de la coalition qui l’a porté au pouvoir. C’est la nature de la chose politique qui est ainsi. L’essentiel est de savoir gérer les conflits internes.
Le chef de l’Etat, doit tout le temps et quel que soit la casquette du jour, privilégier l’intérêt de la nation.
Les militants doivent comprendre que le Président sert toute une nation. Il n’est pas à leur solde quel que soient les rôles qu’ils ont joué dans son élection. Le président a un job à faire. Le garant de son legs, c’est de le faire bien. Les militants doivent trouver les instances idoines et y porter leurs doléances dans la discipline militante et dans le respect de l’intérêt supérieur.

Au risque de confondre le contenant et le contenu en posant le débat en termes d’incompatibilité des postes de chef d’état et de chef de parti, je crois qu’il serait plus pertinent d’inviter les acteurs politiques à assumer pleinement leur responsabilité.

Amadou Bamba Niang
Environmentalist MS, MBA
Lean Six sigma Certified
Bamba.moustafa@gmail.com

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